Ce creux sous les yeux, faut-il vraiment l’injecter ?
Il y a un creux. On ajoute du volume. Problème réglé.
C’est tentant de voir les choses comme ça. Sauf que le cerne est justement l’une de ces zones où ce qui paraît évident ne l’est pas toujours. Un creux ne vous dit pas pourquoi il est là.
Et tant qu’on ne répond pas à cette question, parler de filler, de seringue ou de quantité arrive déjà un peu trop tôt.
En une minute
- Un cerne creux n’est pas automatiquement un cerne à remplir.
- Deux creux qui se ressemblent peuvent avoir des causes très différentes.
- Ajouter du volume ne garantit pas forcément un meilleur résultat.
- Si vous avez déjà été injectée, l’histoire de cette zone compte avant d’ajouter quoi que ce soit.
J’ai un creux : pourquoi ne pas simplement le remplir ?
Parce qu’un creux n’est pas un diagnostic. C’est probablement la phrase la plus importante de cet article.
Ce que vous voyez dans le miroir peut venir de la structure du visage, de la transition entre la paupière et la joue, des volumes autour de l’œil ou de plusieurs éléments à la fois.
Le vrai travail commence donc avant l’injection : comprendre ce que l’on regarde.

Deux cernes similaires peuvent-ils nécessiter deux approches différentes ?
Oui.
Deux personnes peuvent présenter des creux qui semblent très similaires et pourtant ne pas avoir besoin de la même approche.
C’est pour cela qu’une bonne consultation ressemble davantage à :
« Pourquoi votre regard crée-t-il cette ombre ou ce creux ? »
Est-ce que remplir davantage donne forcément un meilleur résultat ?
Non.
Et c’est probablement l’un des raccourcis les plus faciles à faire en médecine esthétique : croire qu’une zone creuse devient automatiquement plus jolie quand elle devient plus pleine.
Le regard ne se résume pas au cerne.
Il y a la pommette. La paupière. La façon dont la lumière passe d’une zone à l’autre. La qualité des tissus.
On ne cherche pas seulement à faire disparaître un creux. On cherche à ne pas alourdir le regard en voulant trop le corriger.
La prudence tient aussi à la zone elle-même. Le contour de l’œil est délicat et les injections peuvent notamment entraîner gonflement ou irrégularités. Les complications plus rares mais plus sérieuses doivent, elles aussi, faire partie de la discussion avant le geste.
Parfois, un petit traitement peut être pertinent. Parfois, la meilleure décision est de ne pas remplir davantage.
Et si j’ai déjà eu des injections dans cette zone ?
Avant de réinjecter, le praticien devrait reprendre l’historique : quand avez-vous été injectée ? Avec quoi ? Combien ? À quel endroit ?
La question de savoir s’il reste encore du produit peut aussi se poser dans certaines situations.
Certains médecins utilisent aujourd’hui l’échographie lorsqu’ils ont besoin de mieux comprendre ce qui est présent dans les tissus ou de localiser un ancien filler.
Une zone déjà injectée ne se réfléchit pas forcément comme une zone qui ne l’a jamais été.
Ce qui fait vraiment la différence pendant le rendez-vous
On a demandé ce qui compte vraiment avant de décider d’injecter cette zone.
La réponse n’est pas seulement : regarder le creux. Un bon rendez-vous devrait permettre de comprendre :
Pourquoi ce creux est là. Ce qu’il y a autour. Ce qui a déjà été injecté auparavant. Ce que vous attendez réellement du résultat.
Et surtout : est-ce que l’injection va vraiment améliorer le regard, ou simplement ajouter du volume ?
C’est là que la consultation devient intéressante. Vous pouvez aussi poser quatre questions très simples :
Pourquoi mon cerne est-il creux ?
Qu’est-ce que l’injection va réellement changer ?
Y a-t-il une raison de ne pas injecter cette zone ?
Si j’ai déjà eu du filler, comment en tenez-vous compte ?
Parce qu’un bon rendez-vous ne devrait pas seulement vous dire ce qu’on peut faire.
Il devrait aussi vous expliquer pourquoi on le fait ou pourquoi on préfère ne pas le faire.
La Chaîne Esthétique aide à comprendre avant de choisir. Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.